Si je vous disais Guillaume...
Par Quentin, vendredi 22 mai 2009 à 15:39 :: Les confidences de Quentin :: #12 :: rss

Si je vous disais Guillaume… je commencerais par son calme. Pas un geste plus haut que l’autre. Pas une parole dépassant la mesure. Presque de l’indolence. Mais, trompeuse, l’indolence ; sous la roche il y a anguille, vive, insaisissable.
Donc de l’eau ?… Oui, il est permis d’imaginer dessous la roche une eau en remous, où l’anguille serait à sa fête.
Vous me direz, c’est bien gentil tout ça, mais ça veut dire quoi ?
Justement je me posais la même question…
D’ailleurs, quand je pense à Guillaume, je me pose des questions. Et, comprenez ou pas, c’est ça que j’aime, chez lui : ça vous change de tous ces transparents qu’on voit venir de loin et qui viennent quand même…
Qu’il cherche un trait de violoncelle, son regard bleu éparpillé au plafond, qu’il boive son thé refroidi pendant la répétition, qu’il se dilate le nez en tirant l’archet, qu’il allume sa cigarette avec une gaucherie de non-fumeur, qu’il couve Lionel avec une bienveillance de grand frère ou le regarde avec l’amour du petit pour son aîné, je vois Guillaume et je me pose des questions.
Lui aussi, sans doute.
J’ai noté, par exemple, que j’avais plus que lui confiance dans ses jugements. Il se trouve très sévère, trop, beaucoup trop. En fait, il a le jugement très sûr et très rapide. Avant la poignée de mains, il a tranché. On pourrait dire qu’il est à la connerie ce que le détecteur de métaux est à l’or fin. Evidemment si les métaux étaient susceptibles, la quincaille trouverait le détecteur un peu dur dans son tri… En vérité, si t’es faux cul, bonimenteur, mesquin, frimeur, t’approche pas trop près de lui, et écarte d’emblée toute intention de devenir son ami. Si malgré tout l’intention persiste, va d’abord accorder tes violons.
Je connais une seule personne à ce point rapide et sûr dans ses jugements, et c’est… je vous le donne en mille… Lionel Langlais !
Confidence pour confidence, j’ai connu Guillaume avant d’avoir rencontré Lionel. Et - là je vous dis vraiment tout - c’est une des grandes fiertés de ma vie que d’avoir pu réunir ces deux-là.
Vous imaginez mieux maintenant, je suis sûr, mon secret amusement quand après les concerts vous essayez de me dire avec vos émotions encore toutes chaudes leur connivence sur scène…
Bon, vous me direz maintenant, c’est bien beau tout ça, mais il a pas de défauts, Guillaume Bongiraud ? Même pas un ?
Si, sûrement… Mais y a des gens, c’est comme ça, vous pourrez me dire ce que vous voudrez, à mes yeux ils sont intouchables. Brassens, j’ai entendu des trucs pas beaux des fois, sur son compte… Ni chaud, ni froid, ça m’a fait.
Pourquoi ?
Parce que !
Quentin







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