Si je vous disais l'affiche de Lionel...
Par Quentin, lundi 15 juin 2009 à 15:04 :: Les confidences de Quentin :: #16 :: rss
Si je vous disais l’affiche de Lionel il faudrait d’abord que je vous présente Michaël Bauswein…
Michaël Bauswein peut prétendre sans mentir être de ceux qui ont vu Lionel Langlais au début de ses débuts.
Je ne parle pas, certes, des débuts débutants du début. Comme par exemple ce jour où, dans un endroit parisien dénommé L’Etage, Lionel a dû pour la première fois enchaîner 4 chansons en public. Je me souviens qu’il s’était assis sur un tabouret de bar. Parce qu’il ne pensait pas pouvoir tenir debout. Dés le départ il se mit à trembler tellement que j’ai cru que je devais consulter un ophtalmo. Heureusement, pendant la deuxième chanson, une bagarre a éclaté dans le fond de la salle entre des reggaemen et des serveurs. L’attention des gens a pu ainsi être détournée et Lionel passer inaperçu. Je l’ai récupéré après sa prestation, totalement hébété, comme un accidenté errant sur le bord d’une route après une série de six tonneaux. Il n’avait pas du tout entendu la bagarre et cherchait d’un regard dilaté un verre d’eau. L’eau bue, il voulut s’assurer que j’allais bien continuer à travailler avec lui et il me fallut deux bonnes heures pour commencer à le rassurer au moins là -dessus.
Ceux qui connaissent Lionel aujourd’hui sur scène doivent se dire que je parle là d’un temps que les moins de cinq ans ne peuvent pas connaître. Ils ont tort. L’anecdote a deux ans et demi. Pas plus.
Je ne vois qu’une chose que les puristes les plus rigoureux pourraient m’objecter s’il leur prenait l’envie de finasser, histoire de me chercher gentiment des noises : à proprement parler je viens de vous décrire les débuts de Romain Thomas. Car, confidence pour confidence, à l’époque Lionel Langlais s’appelait Romain Thomas… mais chut je vous ai rien dit.
Lionel n’a pas du tout souhaité renouveler cette première expérience pour lui désastreuse. Il n’était pas question de revivre ça. Je le lui ai promis et nous avons alors commencé à travailler.
Guillaume embarqué dans l'aventure, nous avons décidé de trouver un tout petit lieu. Ce fut l’Orade ; difficile à décrire ; une petite boutique blanche, qui se voulait salon de thé, et qui n’avait aucun client… Derrière la boutique, je vous le donne en mille : une arrière-boutique. Des chaises, un piano. On a décidé que le dimanche après-midi Lionel et Guillaume pourraient ici rôder le spectacle.
Il n’y avait jamais plus de quatre ou cinq personnes. Des amis proches. De temps à autres des amis d’amis. Et puis grâce à la page myspace des gens sont venus, comme ça, pour voir, pour confirmer ou non l’impression qu’ils avaient eue en écoutant sur Internet.
C’est à ce moment de l’histoire que Michaël Bauswein arrive. C’est donc un dimanche après-midi, à l’Orade. Il fait très froid, il pleut, il a vraiment hésité à sortir de chez lui, mais il est là , dans le public. On est moins de dix. Michaël est venu parce qu’il a aimé ce qu’il a entendu sur myspace. Il découvre Lionel et Guillaume en vrai, éclairés à la bougie (mais si !!) et sans sono du tout.
Michaël ressort de là enchanté et nous faisons connaissance.
C’est plus tard que nous apprendrons que Michaël est photographe dans l’âme et qu’alors Lionel lui demandera si par hasard il n’aurait pas une idée pour une affiche…
Nous avons déjà une affiche, d’ailleurs. Qui ne nous déplaît pas. Mais Lionel la trouve trop lisse, trop classique, trop… trop ! Et puis, surtout, il a envie de travailler avec Michaël.
On va se retrouver dans un studio de photo, Guillaume et Lionel en tenue de scène.
Michaël mitraille sans trop diriger au départ puis, des idées lui venant, vagues, il commence à parler beaucoup, à raconter des histoires, pour faire rire Lionel, ou le provoquer, lui amener des mimiques si possibles imprévues, en tout cas naturelles. Allez savoir pourquoi, il décide un moment de lui mouiller les cheveux au vaporisateur et de le mettre à la direction d’un orchestre imaginaire. Petit à petit Lionel va devoir diriger un orchestre de plus en plus récalcitrant et finir par s’imposer. C’est comme ça que Michaël va obtenir des clichés d’un Lionel assez agressif, pas si gentil que ça et aux poings serrés.
C’est pendant une pause, observant les différentes têtes de Lionel, que je dis : « tiens, c’est drôle, là on a l’impression qu’il vient de faire un sale coup, une connerie… comme s’il avait cassé l’archet de Guillaume… »
Michaël demande à voir… et très vite nous assure qu’il saura se débrouiller et fabriquer de toute pièce par l’image un archet brisé en deux bouts insérés dans les poings de Lionel.
Il y a encore aujourd’hui des partisans de la toute première affiche. Qui ne reconnaissent pas Lionel dans ce gars pas gentil capable de casser l’archet de Guillaume. Il y a aussi ceux, d’ailleurs assez nombreux, qui trouvent que l’affiche donne l’impression d’un spectacle de magie…
Tout le monde en tout cas, même ceux qui préfèrent la première, jugent la deuxième plus singulière, plus originale, plus efficace.


Michaël est aujourd’hui un ami. Il ne le sait pas encore mais je le tiens pour l’un des êtres les plus singuliers qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. Il me semble n’avoir jamais connu quelqu’un d’aussi curieux de tout, d’aussi attentif aux autres et de si véritablement gentil. Et d’un humour auquel je ne résiste pas. N'hésitez pas à vous rendre sur son site, il y expose des photos et un livre par ailleurs édité http://www.michael-bauswein.fr/
Dernière confidence sur l'affiche : Guillaume aime jouer sans chaussures ; les observateurs l’auront sûrement remarqué : il lui arrive d’accompagner Lionel en chaussettes. Mais Guillaume a les pieds nus sur l’affiche. Lionel aussi d’ailleurs, même si ça ne se voit pas. Je me dois de vous dire que nous avons un temps pensé que Guillaume pourrait être complètement nu sur cette affiche, son intimité seulement camouflée par son violoncelle. C’est au restaurant que nous lui avons fait part de cette trouvaille. Sa réaction nous a définitivement dissuadés d’y penser plus longtemps et c’est pourquoi seuls ses pieds sont nus !

Par contre, on ne sait toujours pas qui qu'a fait ça sur la tête à Guillaume...
Bonne semaine !
Quentin
Michaël Bauswein peut prétendre sans mentir être de ceux qui ont vu Lionel Langlais au début de ses débuts.
Je ne parle pas, certes, des débuts débutants du début. Comme par exemple ce jour où, dans un endroit parisien dénommé L’Etage, Lionel a dû pour la première fois enchaîner 4 chansons en public. Je me souviens qu’il s’était assis sur un tabouret de bar. Parce qu’il ne pensait pas pouvoir tenir debout. Dés le départ il se mit à trembler tellement que j’ai cru que je devais consulter un ophtalmo. Heureusement, pendant la deuxième chanson, une bagarre a éclaté dans le fond de la salle entre des reggaemen et des serveurs. L’attention des gens a pu ainsi être détournée et Lionel passer inaperçu. Je l’ai récupéré après sa prestation, totalement hébété, comme un accidenté errant sur le bord d’une route après une série de six tonneaux. Il n’avait pas du tout entendu la bagarre et cherchait d’un regard dilaté un verre d’eau. L’eau bue, il voulut s’assurer que j’allais bien continuer à travailler avec lui et il me fallut deux bonnes heures pour commencer à le rassurer au moins là -dessus.
Ceux qui connaissent Lionel aujourd’hui sur scène doivent se dire que je parle là d’un temps que les moins de cinq ans ne peuvent pas connaître. Ils ont tort. L’anecdote a deux ans et demi. Pas plus.
Je ne vois qu’une chose que les puristes les plus rigoureux pourraient m’objecter s’il leur prenait l’envie de finasser, histoire de me chercher gentiment des noises : à proprement parler je viens de vous décrire les débuts de Romain Thomas. Car, confidence pour confidence, à l’époque Lionel Langlais s’appelait Romain Thomas… mais chut je vous ai rien dit.
Lionel n’a pas du tout souhaité renouveler cette première expérience pour lui désastreuse. Il n’était pas question de revivre ça. Je le lui ai promis et nous avons alors commencé à travailler.
Guillaume embarqué dans l'aventure, nous avons décidé de trouver un tout petit lieu. Ce fut l’Orade ; difficile à décrire ; une petite boutique blanche, qui se voulait salon de thé, et qui n’avait aucun client… Derrière la boutique, je vous le donne en mille : une arrière-boutique. Des chaises, un piano. On a décidé que le dimanche après-midi Lionel et Guillaume pourraient ici rôder le spectacle.
Il n’y avait jamais plus de quatre ou cinq personnes. Des amis proches. De temps à autres des amis d’amis. Et puis grâce à la page myspace des gens sont venus, comme ça, pour voir, pour confirmer ou non l’impression qu’ils avaient eue en écoutant sur Internet.
C’est à ce moment de l’histoire que Michaël Bauswein arrive. C’est donc un dimanche après-midi, à l’Orade. Il fait très froid, il pleut, il a vraiment hésité à sortir de chez lui, mais il est là , dans le public. On est moins de dix. Michaël est venu parce qu’il a aimé ce qu’il a entendu sur myspace. Il découvre Lionel et Guillaume en vrai, éclairés à la bougie (mais si !!) et sans sono du tout.
Michaël ressort de là enchanté et nous faisons connaissance.
C’est plus tard que nous apprendrons que Michaël est photographe dans l’âme et qu’alors Lionel lui demandera si par hasard il n’aurait pas une idée pour une affiche…
Nous avons déjà une affiche, d’ailleurs. Qui ne nous déplaît pas. Mais Lionel la trouve trop lisse, trop classique, trop… trop ! Et puis, surtout, il a envie de travailler avec Michaël.
On va se retrouver dans un studio de photo, Guillaume et Lionel en tenue de scène.
Michaël mitraille sans trop diriger au départ puis, des idées lui venant, vagues, il commence à parler beaucoup, à raconter des histoires, pour faire rire Lionel, ou le provoquer, lui amener des mimiques si possibles imprévues, en tout cas naturelles. Allez savoir pourquoi, il décide un moment de lui mouiller les cheveux au vaporisateur et de le mettre à la direction d’un orchestre imaginaire. Petit à petit Lionel va devoir diriger un orchestre de plus en plus récalcitrant et finir par s’imposer. C’est comme ça que Michaël va obtenir des clichés d’un Lionel assez agressif, pas si gentil que ça et aux poings serrés.
C’est pendant une pause, observant les différentes têtes de Lionel, que je dis : « tiens, c’est drôle, là on a l’impression qu’il vient de faire un sale coup, une connerie… comme s’il avait cassé l’archet de Guillaume… »
Michaël demande à voir… et très vite nous assure qu’il saura se débrouiller et fabriquer de toute pièce par l’image un archet brisé en deux bouts insérés dans les poings de Lionel.
Il y a encore aujourd’hui des partisans de la toute première affiche. Qui ne reconnaissent pas Lionel dans ce gars pas gentil capable de casser l’archet de Guillaume. Il y a aussi ceux, d’ailleurs assez nombreux, qui trouvent que l’affiche donne l’impression d’un spectacle de magie…
Tout le monde en tout cas, même ceux qui préfèrent la première, jugent la deuxième plus singulière, plus originale, plus efficace.


Michaël est aujourd’hui un ami. Il ne le sait pas encore mais je le tiens pour l’un des êtres les plus singuliers qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. Il me semble n’avoir jamais connu quelqu’un d’aussi curieux de tout, d’aussi attentif aux autres et de si véritablement gentil. Et d’un humour auquel je ne résiste pas. N'hésitez pas à vous rendre sur son site, il y expose des photos et un livre par ailleurs édité http://www.michael-bauswein.fr/
Dernière confidence sur l'affiche : Guillaume aime jouer sans chaussures ; les observateurs l’auront sûrement remarqué : il lui arrive d’accompagner Lionel en chaussettes. Mais Guillaume a les pieds nus sur l’affiche. Lionel aussi d’ailleurs, même si ça ne se voit pas. Je me dois de vous dire que nous avons un temps pensé que Guillaume pourrait être complètement nu sur cette affiche, son intimité seulement camouflée par son violoncelle. C’est au restaurant que nous lui avons fait part de cette trouvaille. Sa réaction nous a définitivement dissuadés d’y penser plus longtemps et c’est pourquoi seuls ses pieds sont nus !

Par contre, on ne sait toujours pas qui qu'a fait ça sur la tête à Guillaume...
Bonne semaine !
Quentin







Commentaires
1. Le lundi 15 juin 2009 à 17:41, par Fred & Vinie
2. Le mardi 16 juin 2009 à 21:10, par Lila
3. Le jeudi 18 juin 2009 à 20:43, par Mıchael
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