Lionel Langlais - blog officiel

 


 

Si je vous disais la demi-finale...

Si je vous disais la demi-finale ZicMeUp, par première urgence ce serait d’abord pour présenter mes excuses les plus aplaties à ceux qui auraient, à la demande de mon dernier billet et jusqu’au résultat de la course, tout le mardi après-midi suspendu leur respiration.

Par chance aucune victime n’est à déplorer, même si nous devons tout de même signaler une hospitalisation avec placement pour quelques heures en caisson isobare. La victime a pu dès le jeudi rejoindre les siens, sans toutefois les reconnaître puisque affligée de troubles de la mémoire dus à son apnée trop prolongée. Les médecins contactés – nous ne voulons pas le cacher – nous ont aussi fait part de leur crainte quant à la haute probabilité d’une légère « détérioration intellectuelle ». En d’autres termes, il faut s’attendre à ce que la victime apparaisse au fil des jours touchée d’une débilité assez profonde dans la mesure où, aux dires de tous ses proches, elle était dès avant l’accident déjà notoirement très conne.

Nos regrets sont doubles. D’abord parce l’incontestable performance de la victime, qui a explosé de plusieurs heures le record 2009 d’apnée statique, n’a malheureusement pas pu être homologuée par l'AIDA (Association Internationale pour le Développement de l'Apnée). Ensuite et surtout parce que Lionel n’a pas accédé à la finale ZicMeUp, rendant du coup le sacrifice respiratoire de cette sympathique supportrice totalement vain, limite ridicule.

Comment expliquer cet échec de Lionel ?

Je vous entends d’ici, chères fidèles lectrices et chers fidèles lecteurs, unanimement juger sans pourtant y avoir assisté, que le concours était forcément truqué. D’autres estimeront sans doute que Lionel étant naturellement le seul talentueux dans cette foire, il a dû s’en retrouver tout aussi naturellement et quasi d’office l’éliminé. Et de citer cette authentique anecdote de Charlie Chaplin alors en pleine gloire participant incognito et pour s’amuser à un concours de sosies de Charlot : non seulement personne ne l’avait reconnu, mais il ne gagna pas le concours et de loin !

Chères amies et chers amis, j’ai moi-même, après l’annonce des résultats, cité cette anecdote à Lionel pour le réconforter. Je peux donc facilement vous comprendre.

Il n’en reste pas moins que nous ne devons pas nous contenter de tels expédients psychologiques. Ni non plus proférer des accusations graves sur la probité du jury, l’honnêteté du règlement ou le talent des concurrents. Je vous demande donc une retenue digne de notre artiste, surtout dans la mesure où, patron de ce blog, il est juridiquement responsable des propos qui s’y tiennent…

C’est en voyant Lionel s’éloigner bizarrement – du pas de Charlot – vers son métro, que j’ai pris la décision d’aller réfléchir à deux fois au déroulement de cette demi-finale.

Il me fallait un lieu de silence. Le Sacré-Cœur n’étant pas loin, je résolus de m’y rendre. Nonobstant l’heure tardive, d’en bas les touristes semblaient grappiller les marches pour s’engouffrer dans la basilique comme des fourmis dans un gros gâteau. Le funiculaire en panne, je suis parvenu en haut dans l’état d’un marathonien en bout de course. La bave au menton ajoutée à la rage intérieure prête à déborder du vase d’une journée à la con, les fidèles ont pu croire une sainte colère déboulant : tout ce monde parasite s’envola comme affolés moineaux d’une volière et je me retrouvai presque seul avec les saints, les anges et tout le gratin des intelligences du ciel. Je résolus de leur poser LA question : pourquoi le jury n’avait pas aujourd’hui jugé Lionel Langlais digne de participer à une finale ?

Il me fallut repasser toutes sortes de détails en revue : les votes payants du public sur le site, le classement en résultant et qui s’ajoutait pour moitié à la note du jury, la tenue de Lionel débarquant dans le concours en son costume de scène, la chanson qu’il avait choisie, son interprétation réaliste, les deux jurés indifférents se partageant un paquet de frites…

Comme il faut toujours s’y attendre en ce genre de lieu hautement inspiré, la réponse me tomba abruptement des voûtes pour me parvenir en intime évidence :

— Vous vous êtes trompé de chanson. La chanson gagnante, c’était « Le chat looké matou rappeur ». Tu es un mauvais manager !!!

La sentence était tellement inattendue, imprévue, que j’ai tout de suite quitté l’endroit en me demandant sérieusement si, après tout, les saints, les anges et les célestes intelligences, même réunis en conseil, étaient les mieux avisés en matière de concours de chansons.

Mais la voix intériorisée agissant comme un ver dans une pomme, à peine rentré chez moi j’étais convaincu : j’étais un mauvais manager.

Je mets la télé pour cesser de réfléchir et me divertir de cette inutile culpabilité en tête.

Je tombe sur un reportage qui m’apprend que l’église catholique lance une campagne pour susciter des vocations de prêtre en proposant à des jeunes de prendre Jésus pour « boss ».

J’ai tout de suite écrit à Monseigneur André Vingt-Trois pour lui demander si Lionel pouvait, sans du tout risquer le blasphème, prendre Jésus pour manager !

J’attends la réponse.

Quentin

Si je vous disais le vrac...

Si je vous disais le vrac, ce serait façon de poser le sac à confidences, de l’ouvrir devant vous et de vous en donner quelques-unes à la comme-ça-vient.

Bien sûr - je le sais - vous êtes, depuis le 21, nombreux à vous demander si Tartempion est finalement venu asseoir ses professionnelles oreilles au Théâtre Darius Milhaud.

La réponse est… Non. Non, je ne puis vous donner la réponse tout de suite, les paris devant statutairement demeurer ouverts jusqu’à la conclusion de ce billet et l’officielle fermeture par un huissier de Mongenoux (Cher), huissier présentement à mes côtés, et que je remercie d’ailleurs pour cet in extremis rappel au règlement dont l’infraction aurait pu - si j’en crois sa tête encore entrouillée - m’entraîner dans une interminable mésaventure juridique. Je rassure donc les retardataires : il leur reste quelques minutes avant de se prononcer. Les autres n’ont qu’à directement se rendre à la sortie où la réponse leur est d’ores et déjà donnée dans une phrase écrite à l’envers pour ne perturber en rien le déroulement du scrutin encore en cours.

J’ai eu, depuis le dernier billet, deux autres rendez-vous : le premier dans un label, le second dans une maison d’éditions.

Le premier aurait pu avoir lieu dans un bureau de poste puisqu’il a consisté à remettre un dossier à quelqu’un qui m’a, sans du tout le consulter, assuré qu’il le remettrait à quelqu’un d’autre. J’ai économisé un timbre, vous me direz. Je précise tout de même que j’avais avec cette personne un rendez-vous pris depuis presque une semaine.

Félix Leclerc, chanteur québécois aujourd’hui décédé, le Brassens de là-bas, a écrit un jour que la pire façon d’humilier un homme, c’était de le payer à rien foutre. C’était peut-être ça, ce petit air qu’il a eu de me prendre pour un con : la compensation hautement refoulée d’une inutilité bien salariée…

Le deuxième rendez-vous fut un vrai rendez-vous. Avec quelqu’un qui vous attend à l’heure dite, qui s’assoit après vous, qui vous écoute et vous raccompagne avec un dernier sourire juste avant le clap de fin.

Les associés du « Groscamion » se souviendront de qui il s’agit, si je leur rappelle le gars d’une maison d’édition qui devait venir en décembre au Théâtre un lundi, et qui s’était décommandé au dernier moment…

Que les fans de Lionel ne se lancent pas dans une sanguinaire chasse à l’homme, le gars en question avait alors poliment prévenu de son absence et m’avait même prié de bien vouloir l’en excuser !!!

Il me reçoit justement parce qu’il s’en veut encore d’avoir commis ce qu’il appelle une « incorrection ». Il m’est sympathique. D’emblée. On est en contact depuis deux ans, date à laquelle je commence à lui parler de Lionel rencontré depuis peu.

Elbé - appelons-le Elbé - que je vois donc pour la première fois, a le privilège d’occuper un bureau dans une mythique maison d’éditions.

Nous allons nous parler un peu plus de 50mn. Il a écouté le master de l’album une semaine avant le rendez-vous et m’a précisé au téléphone qu’il souhaitait me rencontrer mais sans envisager du tout une collaboration avec Lionel.

Quelque chose le gêne chez Lionel. Son « enthousiasme », il dit au téléphone. Un « détail discriminant », il ajoute. Je veux être sûr de bien comprendre. On discute. Je comprends : il juge que la différence de Lionel, le détail qui fait la différence, qui démarquera ceux qui l’aimeront de ceux qui ne l’aimeront pas, c’est « l’enthousiasme ».

Et alors ?

Eh ben, lui, Elbé, ça le dérange. Et sans le toucher. Alors ça fait que ben non.

Voilà où on en est quand j’arrive dans son bureau.

Il n’imagine pas, je pense, que j’ai encore en tête de défendre Lionel, puisque d’une part Lionel n’est pas attaqué et que d’autre part l’argument d’Elbé est de ceux qui ne se discutent pas.

C’est la première fois que je mets les pieds dans cette légendaire maison d’éditions.

Il m’arrive dans ce bureau une émotion et un sentiment que je ne veux pas exprimer de face et sans fard à Elbé. Ce serait trop violent. Ce gars est honnête, encore jeune, semble connaître son métier, même si, comme je le lui dis, il est de mon point de vue plutôt en train de faire une « connerie ».

Je réfléchis, en lui parlant, à la meilleure manière de lui servir en mots ce que je ressens si intensément. C’est au fond le sentiment que cette maison d’éditions c’est la maison de Lionel, qu’il est ici chez lui. Qu’il est un artiste, enthousiaste ou pas, qui s’inscrit dans le patrimoine et que cette maison étant la maison du patrimoine, Lionel s’y trouve naturellement à sa place.

C’est une intime conviction. C’est pourquoi mon propos a vite l’air d’une plaidoirie. C’en est une.

J’ai obtenu d’Elbé qu’il fasse écouter le master au patron. Et il a conclu en convenant qu’il lui faudrait certainement venir voir un jour ou l’autre Lionel au Darius Milhaud.

C’est beaucoup.

Je ne sais pas ce que nous donnera la suite, mais je suis effectivement sorti de cet entretien avec la satisfaction d’un avocat qui a honnêtement défendu une cause, donc une justice, donc une vérité.

C’est précisément en cela que Lionel est un « grand » ; quand vous le défendez, à un moment ou à un autre, vous être conduits à défendre une vérité. C’est le propre des grands. Qu’ils soient chanteurs ou non.

Depuis maintenant assez longtemps dans ce métier, il m’est quelquefois arrivé de me demander ce que j’aurais fait si j’avais connu un « grand » à ses débuts : Piaf, Montand, Brel, Nougaro, Bécaud, Barbara, Brassens, Ferré, Béart, Aznavour, Ferrat, Gréco, Sardou, Renaud, Souchon…

Aujourd’hui, je sais.

À propos : à la mort de Ferrat, j’ai entendu Drucker dire que « le dernier des grands » venait de nous quitter.

Béart, enterré vivant depuis longtemps, n’est plus à une pelletée de terre près. Aznavour, je suis moins sûr qu’il ait apprécié. Gréco, je vous dis pas.

Et alors les Sardou, Souchon, Jonas, Leforestier, Sanson, et tous les autres, bande de petits, fallait naître plus tôt, ou mourir avant.

Pour tous les plus jeunes, y a juste à attendre qu’il meure, le Drucker. Ou qu’il rencontre Lionel Langlais ! Ce qui aura pour salutaire effet de lui remettre à zéro le compteur à grands .

On reparlera de tout ça. C’est sûr.

En attendant, pour finir le vrac, je veux vous dire que Lionel participera mardi qui vient, le 4, à la demi-finale ZicMeUp. L’intéressant, c’est que pour l’occasion et pour la première fois, il chantera sur bande-orchestre, sans guitare, à mains nues !! La chanson choisie : « Les mots de trop ».

On est prié de retenir sa respiration mardi après-midi. Merci.

À noter que les associés du label Legroscamion Prod se sont réunis le 12 avril au soir. Ils ont assisté en exclusivité à une première mondiale : Lionel accompagné par Guillaume au violoncelle et Simon à la guitare.

Lecteur qui passe, et qui s’arrête, et qui revient, et qui découvre Lionel et qui va l’aimer, tu dois beaucoup aux associés du « Groscamion »…

J’en profite pour signaler que nous ne pouvons pas, ni Lionel ni moi, envoyer d’infos par mails à notre fichier public. En effet, le serveur Orange semble avoir des difficultés et les envois par listes de diffusion sont impossibles. N’hésitez donc à vous prévenir les uns les autres, à faire circuler les infos glanées ici ou là.

Je rappelle que Lionel chante le mercredi au Darius Milhaud jusqu’à la fin juin.

Enfin et pour vraiment finir, juste un petit lien qui vous mène à l’avis tout frais d’un libraire de Vincennes (librairie Millepages) sur mon roman récemment paru « Vincent Garbo ».

Portez-vous bien.

Quentin

Attention : ici les paris sont clos. Réponse au jeu « Tartempion » :
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