Si je vous disais LA rencontre...
Par Quentin, lundi 12 octobre 2009 à 21:36 :: Les confidences de Quentin :: #26 :: rss
Si je vous disais LA rencontre, je vous dirais la première fois que Guillaume, Lionel et Simon ont joué ensemble.
C’était évidemment pour préparer l’album et ça se passait chez moi. Le plus difficile a été de trouver les quelques heures possibles en journée. Ce fut fixé le jeudi 24 septembre à 12h. Lionel arriva à 11h, Simon à 13, Guillaume à 14.
Les instruments sortis des étuis, après les parlottes d’usage, on était dans le vif du sujet. Il s’agissait d’abord de présenter dans le détail à Simon chacune des chansons choisies pour figurer dans l’album.
Simon était venu – je vous l’ai dit ici – écouter Lionel et Guillaume au Nesle. Il lui fallait maintenant étudier de plus près les chansons, dans leur structure, et envisager comment insérer ses guitares dans les histoires qu’elles racontent.
Pour tout vous dire – je suis là pour ça – Simon n’est pas favorable à un long travail de préparation avant l’entrée en studio. Au contraire, il préfère largement la spontanéité de la découverte, la fraîcheur d’une interprétation toute neuve. En fait il aime se surprendre, s’amuser, ça se voit. Il redoute, je crois, de devoir un jour se retrouver à jouer sans plaisir. C’est un extraverti, qui privilégie la sensation, un nerveux, un pressé, Simon. Tout le contraire de Guillaume. Lui c’est un lac. Et y'a jamais le feu au lac, c’est bien connu. Lionel, c’est les deux en un. D’une patience infinie quand ça l’arrange (donnez-lui un coup de pied, il vous le rendra un jour ou l’autre, il a tout le temps…) et d’une impatience caractérielle quand ça le dérange (évitez de caler devant lui quand le feu est au vert si vous n’aimez pas qu’on dise du mal de vous…).
La toute première fois où Simon a fait sonner ses cordes avec celles de Guillaume sur la voix de Lionel, il était 15h22. Je le sais, j’ai regardé ma pendulette. Et tout de suite j’ai su qu’on ferait l’album qu’on voulait faire.
Justement parce que Simon c’est le feu, Guillaume le lac, et que ces deux natures sont en Lionel. C’est l’union des contraires qui fait la force de vie. Pas leur opposition. C’est sur ce thème, qui est aussi, je crois, tout l’enjeu de notre époque, que nous avons conçu sans trop nous en apercevoir l’album ici en gestation. C’est pourquoi sans doute il sera en noir et blanc. Parce que l’union des contraires, c’est le noir et blanc, pas le gris. Le gris c’est la confusion.
« Mais la couleur ? »… vous me direz.
Nous sortons d’une époque de 30 ans où dans tous les domaines nous avons franchement abusé de la couleur. Je parle au propre et au figuré. De la couleur, à nous en saturer la cervelle. Une époque haute en couleurs. C’est ce qu’il en restera. Vous verrez. Avec beaucoup d’audaces, beaucoup d’idées, mais tellement d’inepties et de fausses joies… que je vous en prédis une époque « noir et blanc ». Comme le costume de Lionel et comme son album à venir.
Au fait : nous allons entrer en studio dès le 16 octobre, pour que Guillaume, qui doit s’absenter pas mal d’ici novembre, puisse enregistrer toutes ses parties de violoncelle.
Je vous en dirai tout. Au fur et à mesure. Presque au jour le jour. En confidences.
Portez-vous bien.
Quentin
C’était évidemment pour préparer l’album et ça se passait chez moi. Le plus difficile a été de trouver les quelques heures possibles en journée. Ce fut fixé le jeudi 24 septembre à 12h. Lionel arriva à 11h, Simon à 13, Guillaume à 14.
Les instruments sortis des étuis, après les parlottes d’usage, on était dans le vif du sujet. Il s’agissait d’abord de présenter dans le détail à Simon chacune des chansons choisies pour figurer dans l’album.
Simon était venu – je vous l’ai dit ici – écouter Lionel et Guillaume au Nesle. Il lui fallait maintenant étudier de plus près les chansons, dans leur structure, et envisager comment insérer ses guitares dans les histoires qu’elles racontent.
Pour tout vous dire – je suis là pour ça – Simon n’est pas favorable à un long travail de préparation avant l’entrée en studio. Au contraire, il préfère largement la spontanéité de la découverte, la fraîcheur d’une interprétation toute neuve. En fait il aime se surprendre, s’amuser, ça se voit. Il redoute, je crois, de devoir un jour se retrouver à jouer sans plaisir. C’est un extraverti, qui privilégie la sensation, un nerveux, un pressé, Simon. Tout le contraire de Guillaume. Lui c’est un lac. Et y'a jamais le feu au lac, c’est bien connu. Lionel, c’est les deux en un. D’une patience infinie quand ça l’arrange (donnez-lui un coup de pied, il vous le rendra un jour ou l’autre, il a tout le temps…) et d’une impatience caractérielle quand ça le dérange (évitez de caler devant lui quand le feu est au vert si vous n’aimez pas qu’on dise du mal de vous…).
La toute première fois où Simon a fait sonner ses cordes avec celles de Guillaume sur la voix de Lionel, il était 15h22. Je le sais, j’ai regardé ma pendulette. Et tout de suite j’ai su qu’on ferait l’album qu’on voulait faire.
Justement parce que Simon c’est le feu, Guillaume le lac, et que ces deux natures sont en Lionel. C’est l’union des contraires qui fait la force de vie. Pas leur opposition. C’est sur ce thème, qui est aussi, je crois, tout l’enjeu de notre époque, que nous avons conçu sans trop nous en apercevoir l’album ici en gestation. C’est pourquoi sans doute il sera en noir et blanc. Parce que l’union des contraires, c’est le noir et blanc, pas le gris. Le gris c’est la confusion.
« Mais la couleur ? »… vous me direz.
Nous sortons d’une époque de 30 ans où dans tous les domaines nous avons franchement abusé de la couleur. Je parle au propre et au figuré. De la couleur, à nous en saturer la cervelle. Une époque haute en couleurs. C’est ce qu’il en restera. Vous verrez. Avec beaucoup d’audaces, beaucoup d’idées, mais tellement d’inepties et de fausses joies… que je vous en prédis une époque « noir et blanc ». Comme le costume de Lionel et comme son album à venir.
Au fait : nous allons entrer en studio dès le 16 octobre, pour que Guillaume, qui doit s’absenter pas mal d’ici novembre, puisse enregistrer toutes ses parties de violoncelle.
Je vous en dirai tout. Au fur et à mesure. Presque au jour le jour. En confidences.
Portez-vous bien.
Quentin







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